Réforme des retraites : ce qui change pour votre pension et vos démarches
La réforme des retraites a modifié l'âge de départ, la durée de cotisation et les possibilités de cumul emploi-retraite. Pour savoir ce qu'elle change pour vous, il faut lire votre relevé de carrière et utiliser le simulateur officiel. Voici les points concrets à vérifier avant de déposer votre demande.
8 min de lecture · Publie le 28 octobre 2026
Lunettes de lecture, stylo plume et carnet vierge posés sur un bureau en bois pour illustrer la planification de la retraite
Quel est mon nouvel âge de départ ?
L'âge légal de départ ne se lit plus en une seule ligne : il dépend de votre année de naissance et de votre situation. La réforme a enclenché un décalage progressif de 62 à 64 ans, par paliers de trois mois par génération. Deux personnes nées à deux ans d'écart peuvent donc avoir un âge de départ différent. Le seul moyen fiable de connaître votre âge est de consulter votre estimation indicative globale (EIG) dans votre espace personnel sur info-retraite.fr. La simulation se fait avec votre numéro de sécurité sociale.
Pour les personnes proches de la retraite aujourd'hui, l'âge légal peut être de 62 ans et quelques mois ; pour les plus jeunes, il se rapproche de 64 ans. N'utilisez pas les tableaux généralistes publiés dans la presse : ils ne tiennent pas compte des majorations pour enfants, des départs anticipés pour carrière longue ou des situations de handicap. Votre relevé de carrière, lui, intègre ces paramètres.
Le simulateur officiel vous donne trois informations : l'âge auquel vous pourrez partir au taux plein, l'âge auquel vous pourrez partir avec décote, et l'âge du taux plein automatique à 67 ans. Beaucoup de demandes de retraite partent trop tôt par confusion entre l'âge légal et l'âge du taux plein. Partir dès l'âge légal sans avoir les trimestres requis réduit la pension de 1,25 % par trimestre manquant, plafonné à 25 %.
Si vous avez commencé à travailler avant 20 ans, vous pouvez bénéficier du dispositif carrière longue, qui permet un départ anticipé selon le nombre de trimestres validés avant cet âge. Ce dispositif a été maintenu et élargi par la réforme. Vérifiez si vous y êtes éligible : l'Assurance retraite examine automatiquement vos droits, mais une erreur sur le relevé de carrière peut vous faire perdre une année de départ anticipé.
La durée de cotisation pour le taux plein
Le taux plein ne dépend pas seulement de l'âge : il exige un nombre de trimestres validés qui augmente avec les générations. Pour les générations récentes, ce nombre est fixé à 172 trimestres, soit 43 ans. Si vous n'avez pas ce nombre, votre pension subit une décote définitive. Le calcul est simple : chaque trimestre manquant retire 1,25 % du montant de la pension, dans la limite de 20 trimestres. Au-delà, la décote s'arrête, mais la pension reste amputée.
Une bonne partie des refus ou des reports de dossier vient d'un relevé de carrière incomplet. Les périodes de chômage, de service national, de maladie ou de maternité ne sont pas toujours reportées. Avant de déposer votre demande, vérifiez ligne à ligne que tous les trimestres figurent. Si un trimestre manque, demandez la régularisation à la caisse qui gère la période concernée. La demande de retraite en ligne propose une étape de vérification, mais elle ne corrige pas les données : vous devez agir avant.
Vous pouvez racheter des trimestres manquants pour augmenter votre durée d'assurance. Deux options existent : le rachat au titre des années d'études supérieures et le rachat au titre des années incomplètes (périodes travaillées à temps partiel ou avec de faibles revenus). Le coût est déductible du revenu imposable, mais il augmente avec l'âge et le salaire. Faites une simulation de rachat sur le site de l'Assurance retraite avant de vous décider : pour les personnes proches de la retraite, le rachat peut coûter plus cher que la décote qu'il évite.
La réforme n'a pas modifié l'âge du taux plein automatique : à 67 ans, la décote est annulée même si vous n'avez pas 172 trimestres. Ce mécanisme sert de filet de sécurité pour les carrières hachées. Si vous approchez de 67 ans et que vous n'avez pas le nombre requis, partir à 67 ans vous assure une pension sans décote, mais vous aurez cotisé plus longtemps.
Le dossier de demande de retraite se prépare avec les justificatifs à jour : le moindre trimestre manquant retarde le versement.
Retraite progressive : partir à 60 ans en travaillant à temps partiel
La retraite progressive permet de recevoir une partie de sa pension tout en continuant à travailler à temps partiel, à condition d'avoir atteint 60 ans et de justifier de 150 trimestres d'assurance. Ce dispositif est passé sous les radars, mais la réforme l'a conservé et même élargi. Vous percevez une fraction de votre retraite (de 50 % à 90 % selon votre quotité de travail) et vous continuez à cotiser, ce qui peut améliorer votre pension définitive.
Pour en bénéficier, vous devez être à temps partiel ou avoir réduit votre activité, avec une durée de travail comprise entre 40 % et 80 % d'un temps plein. La demande se fait en ligne sur info-retraite.fr, rubrique Demander ma retraite progressive. L'Assurance retraite et les régimes complémentaires Agirc-Arrco examinent ensemble votre dossier. Le motif de refus le plus fréquent est un nombre de trimestres insuffisant : les 150 trimestres doivent être validés, pas seulement cotisés. Vérifiez votre relevé avant de postuler.
Pendant la retraite progressive, vos cotisations vieillesse continuent d'être prélevées sur votre salaire à temps partiel, mais elles ne génèrent pas de droits supplémentaires dans le régime de base. En revanche, pour la retraite complémentaire, les points acquis pendant cette période s'ajoutent à votre compte. Si vous reprenez un temps plein par la suite, la retraite progressive est suspendue.
Cumul emploi-retraite : cotiser pour une seconde retraite
Depuis la réforme, le cumul emploi-retraite peut ouvrir des droits à une seconde pension si vous reprenez une activité après avoir liquidé vos retraites. Les conditions ont changé : il faut avoir liquidé toutes vos retraites de base et complémentaires, avoir atteint l'âge légal, et avoir le taux plein (ou attendre l'âge du taux plein automatique à 67 ans). Si vous remplissez ces conditions, votre reprise d'activité génère de nouveaux droits, qui seront versés sous forme d'une seconde pension, sans plafond de cumul avec la première.
Concrètement, si vous reprenez un emploi salarié ou une activité non salariée, vous cotisez à nouveau, mais ces cotisations ne sont pas perdues : elles alimentent un nouveau compte. Au moment de cesser cette activité, vous demandez une seconde retraite. La demande se fait via le même formulaire demande unique de retraite en ligne, en cochant la case seconde pension.
Le piège classique : si vous ne remplissez pas la condition de taux plein, le cumul emploi-retraite reste possible mais sous un plafond de revenus. Vous ne pouvez alors pas dépasser la somme de votre pension et de vos revenus d'activité par rapport à un plafond. Dans ce cas, vous ne générez pas de nouveaux droits. Avant de reprendre, vérifiez votre situation sur le simulateur de cumul emploi-retraite de l'Assurance retraite.
Les démarches : demander sa retraite en ligne
La demande se fait exclusivement en ligne sur le site info-retraite.fr, via le service Demander ma retraite. Vous remplissez un formulaire unique qui est transmis à tous vos régimes de base et complémentaires. Le formulaire s'appelle demande unique de retraite (ou demande de retraite personnelle). Munissez-vous de votre numéro de sécurité sociale, de votre relevé d'identité bancaire, et des justificatifs de vos enfants (acte de naissance ou livret de famille) si vous avez eu des enfants, car ils donnent droit à des majorations.
Le délai de traitement est de deux à quatre mois selon la complexité du dossier. Pour les personnes qui partent à un âge où beaucoup déposent, ce délai peut s'allonger. Déposez votre demande au moins six mois avant la date de départ souhaitée. La date d'effet de la retraite ne peut pas être antérieure au premier jour du mois suivant la demande.
Le motif de refus le plus fréquent est un relevé de carrière incomplet ou erroné. Avant de déposer, téléchargez votre relevé de carrière sur le site de l'Assurance retraite et vérifiez chaque ligne. Les erreurs portent sur les périodes de chômage, les années d'études rachetées, ou les trimestres pour enfants. Si vous constatez une anomalie, contactez la caisse concernée avant de finaliser la demande : une fois le dossier parti, la correction prend des mois.
Les erreurs qui retardent votre dossier
Confondre âge légal et taux plein : partir à l'âge légal sans avoir les trimestres requis déclenche une décote de 1,25 % par trimestre manquant, et la décote est définitive.
Ne pas vérifier les trimestres pour enfants : la majoration de durée d'assurance (8 trimestres par enfant) n'est pas toujours reportée automatiquement ; demandez sa prise en compte avant la demande.
Attendre le dernier moment pour la retraite progressive : les trimestres validés au cours de l'année précédente ne sont pas pris en compte pour l'ouverture du droit.
Oublier de réclamer la retraite complémentaire : la demande unique couvre les régimes de base, mais il faut parfois activer la demande Agirc-Arrco séparément.
Faut-il encore racheter des trimestres ?
Après la réforme, la question du rachat de trimestres se pose différemment : le nombre requis a augmenté, donc certains rachats deviennent utiles, mais le coût est élevé. Pour décider, comparez le montant de la décote évitée avec le coût du rachat. Une décote de 1,25 % par trimestre sur une pension de 1 500 euros brut par mois représente 18,75 euros par mois de manque par trimestre. Sur 20 ans de retraite, cela fait 4 500 euros. Si le rachat d'un trimestre vous coûte moins de cette somme, il est rentable.
Le rachat est réservé aux années d'études supérieures ayant donné lieu à un diplôme, et aux années où vous avez cotisé moins de quatre trimestres. La demande se fait via le formulaire demande d'évaluation de rachat de trimestres sur le site de l'Assurance retraite. Vous recevez une simulation chiffrée sous deux mois.
Pour les personnes proches de la retraite, le rachat au titre des années d'études est plafonné à quatre trimestres. Au-delà, il faut passer par le dispositif de versement pour la retraite, qui n'est plus possible après la liquidation. Agissez avant de déposer votre demande de retraite.
Questions frequentes
Puis-je encore partir à 62 ans ?
Oui, si vous êtes né avant une certaine génération ou si vous avez validé le nombre de trimestres requis pour le taux plein avant cet âge. Pour les générations récentes, l'âge légal se rapproche de 64 ans. Utilisez le simulateur officiel pour connaître votre âge exact.
Comment vérifier mon relevé de carrière ?
Connectez-vous à info-retraite.fr avec FranceConnect ou votre numéro de sécurité sociale. Dans la rubrique Mon relevé de carrière, vous voyez tous les trimestres validés. Si une période manque, demandez la régularisation à la caisse concernée avant de déposer votre demande.
La décote s'applique-t-elle toujours après la réforme ?
Oui, si vous partez avant l'âge du taux plein automatique sans avoir le nombre de trimestres requis, chaque trimestre manquant réduit la pension de 1,25 %, dans la limite de 20 trimestres.
Le cumul emploi-retraite permet-il de cotiser pour une seconde retraite ?
Oui, si vous avez liquidé toutes vos retraites, atteint l'âge légal et obtenu le taux plein. Dans ce cas, vos nouvelles cotisations génèrent une seconde pension. Sinon, le cumul reste possible mais plafonné et sans création de droits.
La retraite progressive est-elle toujours possible ?
Oui, à partir de 60 ans avec 150 trimestres, vous pouvez percevoir une partie de votre pension tout en travaillant à temps partiel. La demande se fait en ligne sur info-retraite.fr.
Vous venez de perdre votre conjoint et vous vous demandez si vous pouvez toucher une partie de sa retraite. La pension de réversion obéit à des règles précises : mariage obligatoire, âge minimal, plafond de ressources pour la retraite de base. Le moindre retard dans la demande vous fait perdre des mois d'arriérés.
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