Gratin pommes de terre courgettes : le gratin qui cale sans viande
La courgette apporte de la légèreté au gratin de pommes de terre, mais elle rend beaucoup d'eau à la cuisson. Voici comment réussir un plat fondant, pas une soupe gratinée.
Un hachis parmentier réussi tient à un détail : la purée ne doit pas devenir élastique. Voici les variétés de pommes de terre à choisir, la cuisson de la viande qui concentre les sucs, et le geste final pour un dessus gratiné.

La purée d'un hachis parmentier doit rester souple et se tenir à la cuillère. Les pommes de terre à chair farineuse, comme la Bintje ou l'Agata, s'écrasent sans coller. Leur teneur élevée en amidon donne une purée légère, qui absorbe le beurre et le lait sans devenir compacte. Les variétés à chair ferme, type Charlotte ou Amandine, demandent plus de liquide et donnent une purée plus dense, moins adaptée au gratin.
Achetez des tubercules non germées, fermes et sans taches vertes. Une pomme de terre molle ou ridée contient déjà des sucres développés, qui bruniront trop vite à la cuisson. Comptez 200 g de pommes de terre crues par personne, soit 1,2 kg pour six.
| Variété | Chair | Texture de purée | Conseil |
|---|---|---|---|
| Bintje, Agata | farineuse | légère et souple | à privilégier |
| Charlotte, Amandine | ferme | dense | convient si vous aimez une purée plus compacte |
| Caesar, Monalisa | farineuse | fine | bon compromis |
Le hachis de boeuf à 5 ou 10 % de matière grasse rend le plat plus moelleux. Une viande trop maigre devient granuleuse après cuisson. Écrasez la viande à la fourchette ou à la spatule en bois quand elle commence à cuire, mais ne la remuez pas pendant les deux premières minutes : ce contact prolongé avec le fond de la sauteuse crée une croûte brune, source de goût.
Ajoutez ensuite les carottes et les oignons déjà fondus, puis le concentré de tomate. Celui-ci ne doit pas cuire plus d'une minute avant l'ajout du liquide, sinon il devient amer. Déglacez avec du vin rouge ou du bouillon de boeuf ; grattez les sucs avec une spatule plate. Laissez réduire jusqu'à ce que le liquide soit presque entièrement évaporé. La viande doit rester humide mais ne plus baigner : c'est elle qui va se réhydrater légèrement avec la vapeur de la purée au four.
Contre-indication : si vous utilisez un reste de pot-au-feu, la viande est déjà cuite et gorgée de bouillon. Mixez-la grossièrement et réduisez l'ajout de liquide de moitié, car elle en contient déjà. Salez après réduction, jamais avant.
Beaucoup de purées ratées dans un hachis parmentier ne sont pas liquides : elles sont élastiques, collantes, presque gélatineuses. Le responsable n'est pas la pomme de terre, mais la façon dont on l'écrase. Quand on mixe ou qu'on écrase trop longuement au presse-purée, les cellules d'amidon éclatent en libérant de l'amylose, qui forme un réseau serré au contact du liquide. Résultat : la purée s'étire en fils au lieu de se détacher nettement.
Le premier signe apparaît dès le passage au presse-purée : la purée colle aux dents de l'ustensile et forme des filaments brillants quand vous soulevez l'outil. Si vous continuez à travailler, la texture devient celle d'une colle à papier peint, avec une surface luisante. Le goût n'est pas affecté, mais la consistance est désagréable.
Pour l'éviter, utilisez un presse-purée à gros trous ou un moulin à légumes, jamais un mixeur plongeant ni un robot. Ces derniers déchirent les cellules bien plus qu'ils ne les écrasent. Après cuisson, égouttez les pommes de terre, remettez-les dans la casserole sur feu doux pendant deux minutes en remuant pour évaporer l'eau résiduelle. Cette étape assèche l'amidon et le rend moins prompt à former un gel.
Ajoutez ensuite le beurre froid en morceaux, en le laissant fondre au contact des pommes de terre chaudes sans mélanger tout de suite. Incorporez-le à la cuillère en bois en soulevant la purée, pas en tournant. Le lait doit être chaud, versé en filet, tout en remuant doucement. Un lait froid refroidit la purée et durcit le beurre, ce qui oblige à remuer davantage et déclenche l'élasticité.
Si malgré ces précautions la purée commence à filer, arrêtez immédiatement de la travailler. Ajoutez une cuillère à soupe de lait chaud supplémentaire et repliez délicatement la purée à la maryse. Dans neuf cas sur dix, cela relâche le réseau d'amidon juste assez pour la rendre souple. Si la texture est déjà très collante, étalez la purée dans le plat, creusez quelques puits et déposez une noisette de beurre dans chacun avant d'enfourner : la chaleur du four fera fondre le beurre et donnera une croûte croustillante qui masquera le défaut.
Le choix de la variété reste déterminant. Les Bintje et Agata contiennent moins d'amylose libre que les variétés industrielles riches en fécule. Si vous ne trouvez que des pommes de terre à chair ferme, ajoutez une cuillère à soupe de crème fraîche en fin de préparation : elle enrobe l'amidon et retarde sa gélification.
Un dernier test avant de monter le hachis : prélevez une cuillère de purée et retournez-la. Elle doit rester accrochée à la cuillère sans couler, mais se détacher d'un geste sec. Si elle tombe d'un bloc, elle est trop compacte ; si elle glisse, elle est trop liquide. Corrigez avec du lait chaud ou de la purée en flocons non réhydratée pour épaissir.

Avant d'étaler la purée, laissez la viande tiédir hors du feu pendant cinq minutes. Si la viande est bouillante, la purée posée dessus se liquéfie et s'enfonce. Étalez la purée en gros tas sur toute la surface, puis lissez avec le dos d'une fourchette pour former des stries. Ces crêtes bruniront plus vite que le reste et donneront le côté gratiné.
Pour un dessus croustillant, parsemez de gruyère râpé ou de chapelure mélangée à du beurre fondu. Le fromage fond et gratine, la chapelure reste plus friable. Enfournez à 200 °C pendant 20 à 25 minutes. Le hachis est prêt quand des bulles remontent sur les bords du plat et que le dessus a une teinte brun doré. Laissez reposer cinq minutes avant de servir : la purée raffermit et se découpe plus nettement.
Le hachis parmentier est la destination classique des restes de pot-au-feu. Mixez la viande cuite et les légumes du bouillon, mais pas le bouillon lui-même pour ne pas détremper la farce. Ajoutez une cuillère à café de moutarde forte et une pincée de persil haché pour relever. La purée peut être préparée avec les pommes de terre du pot-au-feu, mais leur amidon a déjà été lessivé dans le bouillon : elles donnent une purée plus collante. Préférez cuire des pommes de terre fraîches à part.
Si vous congelez un reste de hachis parmentier déjà cuit, coupez-le en portions avant de le congeler. Pour le réchauffer, passez-le directement du congélateur au four à 160 °C pendant 30 minutes, sans décongélation préalable, pour éviter que la purée ne se détrempe.
Oui, montez le plat entièrement, laissez refroidir, filmez et réservez au réfrigérateur. Le lendemain, enfournez à 180 °C pendant 30 à 35 minutes au lieu de 200 °C, car le plat part froid. La purée absorbe un peu de jus de viande pendant la nuit, ce qui renforce le goût.
Laissez la viande tiédir hors du feu cinq minutes avant d'étaler la purée. Déposez la purée en plusieurs tas puis lissez : une couche épaisse posée d'un coup pousse la viande liquide sur les côtés. Évitez une viande trop liquide : elle doit être réduite jusqu'à ce qu'elle soit humide mais sans jus apparent.
Prenez du boeuf haché à 10 % de matière grasse. Le 5 % donne un hachis sec et granuleux, le 15 % rend la farce grasse et détrempe la purée. Si vous hachez vous-même un morceau, choisissez du paleron ou de la joue de boeuf, à hacher grossièrement.
Vous avez trop travaillé les pommes de terre, ou utilisé un mixeur. L'amidon a libéré de l'amylose qui forme un gel. Utilisez un presse-purée à gros trous, séchez les pommes de terre à feu doux après cuisson, et incorporez le lait chaud en filet sans tourner. Si c'est déjà collant, ajoutez une cuillère à soupe de lait chaud et repliez délicatement.
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